Avec 669 millions d'euros de chiffre d'affaires
réalisés en 2005 dans les services informatiques, Altran se classe à la 6e
place des SSII en France selon le cabinet d'analyse Pierre Audoin
Consultants. L'entreprise n'est dépassée chez ses concurrents français que
par Atos Origin et Capgemini (Unilog ayant été racheté par LogicaCMG).
A la manière d'un Capgemini, Altran s'est spécialisé dans les métiers du
conseil, autour de 3 grands axes : le conseil en technologies et innovation,
le conseil en organisation et système d'information, et le conseil en
stratégie et management. Sur les technologies, Altran reste généraliste en
touchant à des domaines aussi divers que la mobilité, le réseau, les
télécoms ou les applications métiers.
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Et pourtant, malgré sa stature, l'entreprise reste très fragile à
plusieurs niveaux. Tout d'abord financièrement, où elle lutte pour maintenir
l'équilibre depuis 2001. Partant de -109,3 millions d'euros en 2002, la
société a tout juste atteint l'équilibre en 2004 (17,3 millions d'euros de
bénéfices) avant que le soufflé ne retombe en 2005 (0,2 million d'euros de
bénéfices).
Dans le même temps, le groupe cherche à réguler une dette importante. De
2001 à 2002, celle-ci passe de 271 millions à 435 millions d'euros, avant de
retomber peu à peu à 314 millions d'euros aujourd'hui. Elle pèse encore
plusieurs dizaines de millions d'euros en intérêts, plombant le résultat net
de l'entreprise.
L'activité de l'entreprise reste par ailleurs en deçà de l'évolution du
marché des services informatiques. Son chiffre d'affaires n'a progressé que
de 1,1% entre son exercice fiscal 2004 et 2005, pour atteindre 1,43 milliard
d'euros, alors que la moyenne du marché se situait entre 6 et 7% selon le
Syntec Informatique.
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Altran en dessous de la croissance du marché mesurée par le Syntec |
Plus problématique, le dernier président du directoire en date, Yves de
Chaisemartin, a averti que la marge opérationnelle du groupe au cours du
premier semestre fiscal 2006 se situerait dans la fourchette basse des
prévisions des analystes, soit entre 6,5 et 7,2%. Alors même que les
affaires repartent, Altran risque d'accumuler du retard sur ses concurrents.
La bourse a évidemment sanctionné les écarts du groupe et l'action Altran
qui, il y a an valait 12,8 euros, n'est plus estimé qu'à 7,3 euros en
janvier 2007. Depuis septembre 2006 et le départ du président Christophe
Aulnette, remplacé par Yves de Chaisemartin, le titre a encore perdu 27% de
sa valeur. L'ancien président avait abandonné la partie au bout de 18 mois
seulement, en raison d'un différend d'ordre personnel. Un départ qui résume
l'ambiance délicate qui règne dans la société.
Car une bonne partie du problème d'Altran aujourd'hui vient de ses
ressources humaines. Son taux de rotation reste très élevé. En 2002
l'entreprise comptait jusqu'à 17 900 employés contre 16 100 actuellement. Et
pour endiguer les départs naturels, Altran mène depuis cette date de vastes
de plan de recrutements : 4500 ingénieurs en 2002, 2000 en 2004 et presque
autant en 2005.
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Le chiffre d'affaires
des filiales d'Altran en 2005 hors groupe
(en millions d'euros)
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Filiale
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CA 2005
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Evolution 2004 / 2005
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Altran Technologies
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119,2
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+ 0,4 %
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Segime
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59,4
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- 4,7 %
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Altior
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52,9
|
- 1,2 %
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CSI
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48,9
|
+ 53,3 %
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ASI
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40,8
|
- 4,8 %
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Datacep
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36,5
|
+ 0,2 %
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RSI
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32,9
|
+ 5,7 %
|
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ALPLOG
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31,0
|
- 4,2 %
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Realix
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27,6
|
+ 19,1 %
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C.C.I
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27,2
|
+ 1,6 %
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Source : Altran, 2006
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Pourtant la restructuration de l'entreprise n'est pas finie, au
contraire. Fin décembre, la société annonçait la fusion de 26 filiales du
groupe appartenant au pôle Technologies et Innovation. Une étape dans le
plan global défini jusqu'à 2008, qui a prévu de multiplier les synergies
entre les filiales et la maison mère. Cependant, cette mesure affectera 5600
salariés en France, selon le journal "Les Echos".
Si les affaires de fraudes comptables révélées autour de ses anciens
dirigeants entre 2002 et 2004 ne l'ont certainement pas avantagé, Altran se
trouve également pénalisé par les multiples acquisitions à l'international
qu'il a conclu entre 2002 et 2004 (Aktiva, Arthur D. Little, CQ Consulting,
ISEAC, USM, ADL…). Sur les 200 filiales que compte le groupe, une dizaine
seulement contribue de façon majeure aux résultats de l'entreprise (voir le
tableau ci-dessus).
Cette mauvaise passe dont essaie de sortir les dirigeants, attire cependant
les investisseurs à la recherche d'une OPA juteuse. Ainsi, en août 2006, les
fonds FMR et Fidelity International se sont portés à plus de 5% du capital,
avant d'être suivi en novembre par Axa Private Equity. Un indice de
l'intérêt des investisseurs, mêmes si le président du directoire a affirmé
que son entreprise n'était pas à vendre.
Toutefois, si la SSII ne parvient pas à résorber ses problèmes
rapidement, cette déclaration d'intention pourrait devenir lettre morte plus
tôt que prévu. Et les effectifs, déjà volatiles, risquent encore une fois de
faire les frais d'une nouvelle restructuration. |